Se réapproprier Halloween, ses messages et ses origines

Halloween est une fête Païenne originaire des terres Celtiques, appelé normalement Samain. Elle avait lieu le 31 octobre sous la surveillance des druides et durait 7 jours, 3 jours avant et 3 jours après Samain. C'était une fête de fermeture de l'année et d'ouverture de la suivante. On dit aussi que chez les Celtes, c'était l'occasion de côtoyer l'invisible car c'était un moment de passage entre les deux mondes pour entrer en communication avec les démons et/ou les Dieux, en fonction des cas. C'était aussi le moment ou l'on pouvait communiquer avec les morts.

Chez les Gaulois, il fallait éteindre la cheminée et se rendre dehors autour d'un feu sacré pour l'étouffer, afin que des êtres maléfiques ne viennent pas. Ensuite, ils reprenaient des braises et les mettaient dans leur demeure pour se protéger durant l'année. Cette fête disparut peu à peu avec l'arrivée du christianisme au 5ième Siècle qui en fit le symbole de la veillée des saints. Au 8ième siècles, les Catholiques allèrent jusqu'à déplacer la date de la Toussaint qui se célébrait le 13 mai pour s'approprier l’événement. Aujourd'hui, dans certains pays, Halloween est devenu une fête commerciale. Aux États-Unis, elle représente huit milliards de Dollars de chiffre d'affaires, ce qui leur fut reproché par bon nombre de croyants de tous les horizons qui avaient peur que les vraies coutumes soient "balayées". En France, Halloween commence à être un peu plus populaire vers 1992 environ et explose en 1997 grâce à l'apparition d'un téléphone mobile à son nom. Cette méthode utilisée par d'autres enseignes dans différents domaines, sera dénoncée aussi, en particulier à l'égarent des enfants dont ils souhaitaient profiter via la distribution de friandises. Halloween créé de nombreux débats dans le monde religieux, même encore aujourd'hui. En 2002, le diocèse de Paris a créé "Holly wins" en opposition à Halloween pour entraver cette célébration qui semblait réapparaître dans nos régions. En Allemagne et en France, des confiseries sont distribuées avec le visage de Martin Luther dans les églises évangéliques pour que les enfants n'en achètent pas ailleurs, souhaitent les convaincre de là soi-disant dangerosité d'Halloween. À Moscou, l'Église orthodoxe tente de la faire interdire.

La lanterne a trouvé naissance dans une légende d'Irlande où Samain est particulièrement fêtée, tout comme au pays de Galles ou en Écosse. Pour les États-Unis et le Canada, c'est une migration Irlandaise qui la fait connaître vers 1920 et qui finira par la répandre comme un élément important de la fête. Elle remplacera aussi le navet qui était très utilisé dans les pays d'Europe et qui nous vient de l'Amérique du nord, le légume étant plus facile à sculpter. Une légende est d'ailleurs issue de ce légume pour Halloween. L'histoire de "Jack o lantern", littéralement "Jack à la lanterne" : Jack aurait poursuivi le diable durant 5 ans. Il était intéressé, méchant et alcoolique. Il réussit à coincer le diable transformé en pièce de monnaie dans sa bourse, avec une serrure en forme de croix, avant qu'il ne s'en échappe. Grâce à un pacte qu'il retourna contre le démon, après lui avoir demandé un dernier verre avant de partir pour l'enfer, il obtient de lui 10 ans de plus à vivre. Plus tard il recommença à coincer le diable en haut d'un arbre sur lequel il avait gravé une croix en lui disant qu'il ne le poursuivrait plus. Lorsque Jack finit par mourir, le paradis comme l'enfer lui fut refusé et il fut condamné à airer pour l’éternité avec un morceau de charbon que Satan lui aurait donné pour qu'il s'éclaire. Il placera le charbon ardent dans un navet pour en faire une lanterne, se promenant sans but, condamné jusqu'au jugement dernier. Même si le navet reste le légume d'origine utilisé, en fonction des pays vous en croiserez peut-être d'autres. Au 19ème siècle on commença à graver des têtes de mort dans le navet, d'où les lanternes qui prennent parfois cette forme aujourd'hui. Dans les années 1900, il fallait balayer devant sa porte pour nettoyer la poussière accumulée sur le palier, synonyme d'entrée, et laisser une assiette supplémentaire pour les morts qui viendraient parler à un ou plusieurs membres de la famille. La tradition de l'arbre à pomme vient aussi de Samain, et n'a pas survécu partout. Les Celtiques honoraient les morts sous cet arbre en chantant des chansons à ses pieds et en mangeant un repas avec des êtres chers ayant aussi subi des décès, mais les chrétiens l'ont utilisés pour faire l’aumône en l'incorporant à la Toussaint. Plusieurs familles peuvent se retrouver sous le même arbre. Ce rituel date du Moyen Âge et recommence à voir le jour aujourd'hui, mais très lentement. Vers 1970, le clergé du Vatican a tenté de faire disparaître cette tradition ce qui expliquerait pourquoi elle est moins populaire.

L'origine de la bûche de bois se trouve aussi dans la fête de Samain, à Halloween. Le but était d'en laisser brûler une pour réchauffer les morts s'ils venaient à passer pour dire bonjour aux vivants. Il fallait aussi leur laisser de la nourriture sur la table.

Concernant les lames de rasoir et appareil dangereux dans les bonbons, ceci n'a rien à voir avec Halloween mais avec une histoire réelle plutôt glauque, arrivé aux États-Unis. Des lames furent retrouvées dans des bonbons et une enquête fut ouverte relatant qu'un malfrat, qui utilisa la fête pour commettre des tours douteux, en mettre à l'intérieur. Hélas, certains protagonistes en ont "joué" et l'idée d'une légende inexistante, qui n'a aucun rapport avec cette célébration, est né. Des enfants en sont pourtant morts et dans ce pays, les forces de l'ordre doivent circuler pour s'assurer qu'il n'y ait aucun incident. Les Américains doivent obéir à certaines règles pour Halloween comme d'aller collecter les friandises en groupe et de refuser les bonbons non emballés, par exemple. C'est cette période qui donnera lieu d'ailleurs aux attaques de Clowns dont a tellement entendus parler en France, des farces et attitudes déguisées de mauvais gout.

Revenons à de véritables traditions d'Halloween, le gâteau et les plats que l'on y sert. Le célèbre gâteau doit être aux fruits légers et nous vient d'Irlande, le "barmbrack". Là-bas, un anneau est placé à l'intérieur et celui qui le trouve connaîtra le véritable amour dans l'année. En fonction des pays, le nom peut parfois légèrement changer. Les restes de citrouilles ou de navet découpés, et creusés, peuvent être utilisés pour le confectionner. Le "colcannon" qui nous vient également d'Irlande, où l'on y cache une pièce de monnaie ou une bague. La pièce de monnaie fait sans doute référence à la légende de Jack et elle nous apporterait chance pour l'année, un peu comme la galette des rois. Pour la bague, j'avais pensé à la continuité de celui qui a trouvé l'anneau, l'année précédente, dans un gâteau peut-être. Il semble dans ce dernier cas y avoir un lien. Traditionnellement toujours, on peut y servir du "toffee", du cidre, des beignets pour faire des tours (beignets avec bonbons piquant ou acide par exemple), du pop-corn et des pommes d'amour recouvertes de chocolat dur. Enfin, peut-être en trouverez-vous encore, un gâteau a vu le jour à la fin des années 1990 e à beaucoup plut. Son créateur a honoré les Païens en lui donnant le nom de "Samain". Il est fait de pomme, de noisette, de caramel, et est confectionné avec de la pâte feuilletée. Il avait été populaire car il était en forme de citrouille et avant presque l'apparence.

La tradition veut que les personnes se déguisent pour aller réclamer des bonbons aux portes. On voit donc des  fantômes ou des sorcières. Vous pourrez voir des gens déguisés aussi en vampires ou en chauves-souris, en hiboux ou en corbeaux. Les maisons hantées et les cimetières sont mis en avant et parfois décorés pour l'occasion. La citrouille et les chats noirs sont très prisés. Les araignées, les zombies, les momies et les squelettes, les loups-garous et les démons sont aussi des symboles d'Halloween dans les déguisements. La phrase très connue de tous, prononcé par les enfants, est : "des bonbons ou un sort !" prononcent-ils en cœur sur le palier de votre porte. Cette phrase est apparue aux États-Unis vers 1930. Dans certaines pays, les déguisements qui servent à nous rappeler que des esprits peuvent être là, ne sont pas la seule activité des fêtes d'Halloween. On peut faire un feu de joie, certaines villes font des feux d'artifice, on y passe des films d'horreur où l'on organise des jeux pour enfants. Certains religieux continuent de s'approprier Halloween en portant leurs vêtements traditionnels pendant que les adeptes de Samain utilisent de l'orange et du noir, couleur utilisée depuis longtemps lors de la rencontre avec les Mexicains et leur célèbre fête des morts. Les deux jeux les plus populaires sont faits avec des pommes que vous devez attraper avec la bouche alors qu'elle flotte sur l'eau. Cette tradition nous vient d'Écosse, ainsi que le gâteau à la mélasse qu'il faut arriver à manger les yeux bandés pendant qu'il est accroché au plafond par un fil. En Moselle, on sculpte des betteraves que l'on met sur le rebord de la fenêtre avec, à l'intérieur, une bougie. Le but est juste d'effrayer les passants ce qui explique pourquoi on peut aussi en trouver dans les cimetières. Dans certaines maisons et dans des soirées organisées vous trouverez des fumigènes inoffensifs et de la musique glauque pour vous mettre dans l'ambiance.

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© P.Alexandra pour Alliance occulte - 09/10/2018. Toutes reproductions est interdites sans l'accord de l'auteur. Consultez les mentions légales du site, merci.

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